L’excès : Quand le « trop » de nos vies cache un « Pas Assez intérieur »
Nous vivons dans une ère de l’hyper : hyper connexion, hyper performance, hyper consommation. Aujourd’hui, la norme sociale valorise l’excès. Nous affichons fièrement nos agendas qui débordent et nos quêtes de perfection comme des médailles.
Pourtant, derrière ce brouhaha permanent, se joue souvent une mélodie plus silencieuse et plus complexe.
Et si nos excès n’étaient pas des preuves de notre vitalité, mais les messagers d’un déséquilibre profond ? Si ce « trop » n’était qu’un paravent dressé pour dissimuler un vide ? Une peur ? Ou une blessure que nous n’osons pas regarder en face ?

La mécanique de l’excès : Le bruit comme anesthésie
L’excès agit comme une puissante anesthésie émotionnelle. Nous saturons notre emploi du temps, notre assiette ou nos sessions de sport, nous créons un bruit de fond permanent. En quelque sorte, une « bande passante » totalement occupée.
En réalité, ce vacarme extérieur a une fonction précise : il fait taire notre silence intérieur. Car c’est dans le silence, lorsque l’agitation retombe, que les émotions refoulées, les doutes existentiels et les vieilles angoisses remontent à la surface.
En effet, pour beaucoup d’entre-nous, l’immobilité est devenue une menace car elle nous place face à nous-mêmes. En restant dans l’agir permanent ou dans la consommation excessive, nous nous assurons de ne plus avoir l’espace physique nécessaire pour « ressentir« . Et oui, en saturant nos sens, nous ne sommes pas contraint(e)s ou tenu(e)s de ressentir.
L’excès devient alors une armure qui nous protège de notre propre vulnérabilité.
En effet, l’excès n’est pas un défaut de caractère, mais une stratégie de survie. Notre système nerveux l’utilise pour nous protéger d’un inconfort émotionnel que nous ne nous sentons pas encore capables de transformer.

Le poids du regard social : L’excès comme validation
Parallèlement à cette mécanique interne, le monde extérieur renforce nos exigences personnelles. Aujourd’hui, la société confond « être débordé(e) » et « être important(e) ». Aussi, nous plongeons souvent dans l’excès par peur de l’effacement : si je m’arrête, est-ce que j’existe encore ?
Les réseaux sociaux amplifient ce phénomène. Comment ? En nous bombardant de vies « augmentées » où même le repos doit être mis en scène pour être validé. Cette comparaison permanente nous pousse à en faire toujours plus pour maintenir une image de réussite.
L’excès devient alors un costume que l’on enfile pour répondre aux attentes des autres. Bien entendu, au détriment de notre propre rythme biologique et émotionnel, nous éloignant de notre authenticité.
L’excès est souvent une tentative de répondre à une injonction extérieure pour combler un manque de légitimité intérieure ou pour maintenir une façade sociale. Mais quels sont ces manques et ces besoins profonds que nos comportements extrêmes tentent désespérément de combler ?

Ce que racontent nos comportements extrêmes : Les racines invisibles
Pour comprendre l’excès, il faut cesser de regarder l’acte lui-même et commencer à regarder ce qu’il remplace. Chaque comportement extrême est une réponse logique à un besoin fondamental qui a été, à un moment donné, ignoré ou insuffisamment nourri.
Quelques exemples :
- L’hyper activité ou la course après la valeur. Son enracinement naît d’une enfance où l’amour ou la reconnaissance était conditionné à la réussite ou à la productivité. Cette compulsion pousse à l’incapacité de dire non et au cumul de responsabilités. A force de chercher la validation extérieure, on finit par devenir étranger pour soi-même, le corps exprimant ce ras-le-bol par des insomnies, des tensions cervicales chroniques ou un épuisement général. Le manque ici est celui de la légitimité d’être, indépendamment de faire.
- L’excès de sport (la bigorexie invisible). Ici, le sport n’est plus un plaisir ou un maintien en forme, mais une bigorexie (dépendance à l’effort). On s’entraîne malgré la douleur, la blessure ou l’épuisement. La cause ? Souvent un besoin de maîtriser son enveloppe physique pour compenser un sentiment de chaos intérieur, un manque de contrôle dans d’autres sphères de sa vie ou une recherche constante d’endorphines pour masquer une tristesse latente. C’est aussi parfois une quête de punition inconsciente ou de transformation physique extrême pour enfin s’autoriser à s’aimer. L’effet est un corps qui s’use prématurément, un système hormonal en berne et une incapacité à trouver la paix dans l’immobilité.
Mais aussi…
- L’excès de contrôle (alimentation, ordre). Une réponse puissante à un sentiment d’insécurité profonde. Si le monde extérieur semble chaotique, imprévisible ou dangereux, on cherche désespérément à créer une zone où l’on est le « seul maître à bord ». Qu’il s’agisse de l’ordre millimétré de la maison ou d’une rigidité alimentaire extrême, cela cache une peur viscérale de l’imprévu et des aléas de la vie. La conséquence est une charge mentale colossale, une anxiété constante et une perte totale de spontanéité et de lâcher-prise.
- La sexualité à outrance (l’intimité comme diversion). Lorsque la sexualité devient une quête de quantité plutôt que de qualité, ou une recherche compulsive de nouveaux partenaires et de sensations extrêmes, elle perd sa fonction de partage pour devenir un outil de régulation émotionnelle. On utilise alors le plaisir physique et la décharge de dopamine pour combler une solitude immense ou pour fuir une réalité douloureuse. Paradoxalement, cette fuite en avant dans l’intimité physique sert souvent à éviter une véritable intimité émotionnelle, qui est perçue comme beaucoup plus risquée et terrifiante. Le manque ici est celui d’une connexion authentique à soi et à l’autre et d’une sécurité affective qui ne dépendrait pas de la séduction permanente.
Ou encore…
- Le dévouement excessif (vouloir trop aider). Ce comportement cache fréquemment une peur de l’abandon ou une faible estime de soi. On pense inconsciemment que pour être aimé(e), il faut être indispensable, se sacrifier ou porter les problèmes de tout son entourage. On s’oublie totalement au passage, espérant ainsi s’assurer de ne pas être rejeté(e). Physiquement, cela se traduit souvent par un dos « chargé » ou des douleurs aux épaules, symboles du poids émotionnel que l’on s’inflige.
L’excès est le langage d’une part de nous qui souffre. En décodant le message derrière ces comportements, on peut enfin commencer à nourrir le vrai besoin : sécurité, amour, reconnaissance ou acceptation.

Mon conseil pratique : La pause « Météo Intérieure »
Pour commencer à désamorcer l’excès dès aujourd’hui, je vous propose un exercice simple : trois fois par jour arrêtez-vous 60 secondes. Fermez les yeux et observez votre « météo » interne. Est-ce que ça s’agite ? Est-ce que c’est tendu ? Ne jugez pas, observez simplement. Ce petit espace de conscience est la première étape pour reprendre les rênes de notre vie.
La kinésiologie pour retrouver votre juste mesure
L’excès n’est pas une fatalité, c’est une invitation au voyage intérieur. C’est un signal d’alarme bienveillant qui nous indique qu’un espace en nous réclame de la douceur et de l’écoute.
La kinésiologie offre une voie d’accès directe à cette compréhension. En utilisant le test musculaire, nous interrogeons la mémoire de notre corps pour identifier l’origine de ces blocages et libérer les charges émotionnelles qui nous poussent à l’excès.
Il est temps de passer du « toujours plus » au « juste assez »
Je vous accompagne avec bienveillance pour transformer ce « trop plein » en un espace de paix intérieure et de liberté retrouvée.
